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Quand le handicap devient une force.

 
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Françoise
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PostPosted: Fri 5 Oct - 15:26 (2012)    Post subject: Quand le handicap devient une force. Reply with quote

Toute une histoire, aujourd'hui, était consacré à ce thème.

(le lien n'est pas encore disponible).

Bonjour à toute l'équipe.

Je vous remercie, d'avoir fait cette émission.

Il est vrai que le handicap, est pour beaucoup une sorte de marque de fabrique, dans ce je suis moi, même si pour mon entourage, d'une certaine façon, ça peut sembler étrange... En fait, qu'est ce que le handicap ?... On pourrait je crois, en faire, sans aucun problème, une dissertation, sans le moindre problème.

Car comme n'importe quel traumatisme, qui frappe en être humain, un accident, une maladie très grave qui risque de provoquer votre mort, ou n'importe quel événement, que subit notre corps, un traumatisme, qu'il soit physique, ou psychologique, celui ci, selon les individus, va modifier de façon considérable, notre comportement, vis à vis d'autrui, ainsi que notre perception, de la société, en général, mais aussi, malheureusement, la perception des autres, vis à vis de notre histoire traumatique, selon quelle est visible, physiquement, ou pas.

A la question, "un ou une traumatisée sexuelle, doit il ou elle, être considéré comme une sorte de handicapé", et bien...je ne n'ai pas la réponse ! Figurez vous !

Pour être franche, je serai moi, tentée de dire "oui", non, pas parce que je ressens le besoin de les stigmatiser, mais pare que si tous les traumatisés sexuels, eux, portaient une semaine entière, un gros point rouge, de 3cm, de diamètre, et qu'il soit indélébile, pendant une semaine, l'opinion public, serait dans l'obligation, lui, de prendre en fin fait et cause, pour ce problème de société considérable, et nous aurions, nous, les survivants, la tâche amplement facilitée, pour faire parler de ce problème absolument fondamental.
Mais sur la perception du handicap, j'ai une histoire, moi, à vous raconter.
Une de mes meilleurs amies, avait un mari. Ils étaient valides, tous les deux.

Gravement accidenté, qu'il dût finir sa vie, dan un fauteuil roulant.
Bien sûr, c'est l'une de ces histoires, qui quand elle arrive dans un coule, a toutes les chances, de le faire vasciller, comme bien des obstacles que la vie nous apporte.

Les répercussions psychologiques, sur mon amie, furent si terribles, qu'elle dût entamer une analyse, avec un psy, afin d'en atténuer les répercussions, psychologiques.

Systématiquement quand elle lui suggérait elle, de le faire lui, il refusât systématiquement.
Il est vrai qu'avant l'accident, le couple lui, n'allait deja pas bien du tout, et je me souviens qu'ils ne communiquaient que par billets, à travers les pièces, ce que moi, j'aurai trouvé fort amusant, si je n'avais moi, moi, vue mon amie, lire ces horreurs, et pleurer abondamment, chaque jour.

Dans le couple, l'accident fût si terrible pour elle, qu'elle déclencha un cancer du sein.

Nous étions, très proches, elle et moi, et étant toutes les deux en thérapie, au même moment, nous étions, bien sûr, sur la même longueur d'onde, et c'était pour moi, comme une soeur véritable. Soeur de thérapie, on va dire.
Il y avait, était elle persuadée, et c'était mon cas, aussi, je le crois, une réelle relation d cause à effet, entre l'accident du mari, devenu donc, paraplégique, et son cancer.

Un jour qu'elle s'était rendue chez un spécialiste, pour son cancer à elle, lui, l'accompagnant, elle me racontant que devant le médecin, il prit la parole, à la place de sa femme, et commençât à se plaindre, et gémir, sur sa "pauvre condition de handicapé"......

En me racontant ça, quelques jours plus tard, elle avait les larmes aux yeux, puis me dit ceci:

"Tu imagines, Françoise..... Mon cancer. Même devant le cancérologue, il a fallu qu'il la ramène, même mon cancer, il a fallu qu'il me le pique".....
Alors, bien sûr, j'imagine bien que mon récit, là, doit provoquer quelques interrogations, du style, "mais à quoi elle joue"....

Et bien moi, ce que je veux dire par là, c'est que la perception que l'on peut avoir de la souffrance d'autrui, est généralement, parfaitement subjective, par zque selon qu'elle va plus moins, faire echo, à note propre histoire, on av la percevoir fort différemment.

Ainsi, dans ce couple, là, "vacillant avant l'accident", lui, était absolument persuadé, d'avoir été foudroyé littéralement, par une malchance, qui faisait de lui, l'homme qui subissait toute la souffrance possible et imaginable, alors que sa vie, elle, n'était absolument pas en danger... Il e était prof, et a continué dés que ça a été possible, à enseigner, alors qu'elle, avec son cancer, alors que rien n'était visible, avait cette épée de Damoclés, au dessus de la tête.

Alors, s'il est une leçon à tirter de cette histoire, c'est que d'une part, quand on souffre, même si c'est difficile, il ne faut jamais sous estimer, dans la mesure du possible, le fait que la personne avec laquelle vous vivez, ou que vous dites aimer, souffre peut être bien pire, que vous ne l'imaginez.

Et quand à la façon, dont le(ou la) traumatisé(e) ou le(ou la) handicapé(e), lui, est perçu(e), et bien c'est pareil, il est très important, venant de lui, ou d'elle, aussi, de rester modeste, et de veiller, ainsi, à ne pas oublier que l'autre, à lui ou elle, aussi, peut être, des choses à dire, ou une souffrance, qui demande de la considération, au minimum, à défaut de reconnaissance.

En fait, cette émission, là, est pour moi, une forme de synthèse, de tout ce que je dis, moi, depuis des années, et qui ont nourri, d'une certaine façon, l'ensemble de la rûche artistique, tous milieux confondus.

Quand les jeux paraplympiques ont eu lieu, le fait qu'ils aient rencontré un tel succès, est parfaitement, en relation, avec le succès de "intouchables", comme vous le savez.

Moi, je ne suis pas intervenue "plus que celà", parce que je n'en voyais pas vraiment l'intérêt.
parce que pour moi, l'olympisme, est une valeur qui doit être utilisée, en ne perdant jamais, ce qu'il peut apporter, dans un parcours personnel...

En ce sens, moi je savais qu'individuellement, chaque athlète, qui avait réussi à abattre les barrière, dans son parcours propres était tout aussi digne d'intérêt, que celui qui était arrivé dixième.

Bien sûr, on pourrait me rétorquer que j'avais fait plus d'effort, quand c'était les valides....
Oui, mais moi, je vous répondrai que les valides, eux, avaient un sérieux handicap, précisément, c'est que eux, justement ....... n'étaient pas handicapés ! hum......

Je ne sais si tout le monde suit, là, où si j'en ai laissés quelques un en état de décomposition, sur le bord de la route ! Bon, si e sont des valides, en état de décomposition, ça va... Mais si ce sont des handicapés, ha, non c'est chiant, le fauteuil n'est même pas biodégradable, ça va polluer la planète !

Enfin, bon, si vous voulez sa voir, moi aussi, comme tout le monde, j'ai pleuré, bien sûr, en voyant ce couple, là tout plein d'Amour...

Je crois, en fait, que les gens qui amoureux des handicapés, quelque soit le handicap, et qui l'assument, le handicap, étant en fait, une singularité, simplement, comme une autre, la démarche, qu'ils imposent aux autres, implique systématiquement, qu'ils transcendent eux même, ce qu'ils sont, et ça fait d'eux, des gens plus beaux, intérieurement, que les autres...

En fait, c'est le moment de passer la chanson de Julien Clerc, "ma preférence"... On aime quelqu'un, ou quelqu'une elle est "différente", ou il est "différent", mais qu'est ce qu'on s'en tape, puisque de toute façon, il n'y a que lui ou elle, avec ou sans fauteuil roulant, bléssé en dedans ou pas, trop grand trop petit, vert, jaune, bleu, extraterrestre, enfin, à fleurs ou à petits pois, on s'en fout quoi, puisque c'est lui, ou elle que l'on aime, on est prêt à abattre touts les murs, pour y parvenir.


Bon, faut que je vous quitte, parce que je vais prendre mon couteau à beurre, pour me couper une jambe. Je vois bien que si je n'arrive pas à ça, la demande en mariage putain de merde, elle n'arrivera jamais !
_________________
"Je m'appelle Françoise", c'est comme ça dans ma vie, quand on me dit "framboise" je m'en vais je m'enfuis, je m'en vais je m'enfuis".


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